Il n’y a aucun doute que la plupart des apprenants trouvent les sciences difficiles et qu’ils développement des attitudes négatives (voir par exemple Dawson, 2000; Osbourne, 2003). Nous savons par contre que presque tous les élèves du niveau primaire aiment les sciences et les trouvent intéressantes. Nous savons aussi qu’il y a un grand déclin des attitudes favorables aux sciences et de l’intérêt à étudier les sciences à compter du secondaire 1er cycle. Les chercheurs indiquent qu’il y a quatre obstacles qui peuvent influencer la perception des élèves et rendre la science insensée à leurs yeux – leur expérience passée, leur manière préférée de déchiffrer le monde, le langage et la culture.
Nous ne faisons que commencer à comprendre comment les apprenants interprètent leur expérience des sciences et des mathématiques dans la salle de classe, ou à l’extérieur. Bien qu’il y ait de plus en plus de recherches portant sur les préconceptions, que l’apprenant apporte à l’école et qu’il développe pendant ses études scolaires, on sait moins de chose au sujet des manières par lesquelles les variables de l’apprentissage externes à la salle de classe contribuent à sa compréhension des sciences et l’influencent.
Science à l’œuvre est conçu pour fournir aux élèves de la troisième à la huitième année des expériences scientifiques parascolaires. Nous voulons savoir si ces apprenants développeront une compréhension plus complexe des sciences et des mathématiques qu’avec leurs seules études scolaires, et si un plus grand nombre d’entre eux poursuivront des carrières scientifiques. Si des activités scientifiques informelles et des projets de recherche continus étaient offerts dans les collectivités où vivent les élèves, participeraient-ils et resteraient-ils engagés tout au long de leur formation scolaire? Pour effectuer des recherches sur ces questions, nous sommes en train de développer et de mettre en œuvre deux programmes – le club Hibou hou hou! destiné aux élèves de la troisième à la cinquième année, et le programme EcoAction destiné à ceux de la sixième à la huitième année.
Il y a dans les écoles peu de possibilité de réflexion ou de mobilisation soutenues par rapport à certains aspects de la science. Ces programmes permettront aux jeunes apprenants et à ceux de niveau secondaire 1er cycle de mater des idées au cours d’une certaine période et de travailler dans des groupes comportant plusieurs tranches d’âge, ce qui leur donnera la chance d’agir en tant que mentors pour les nouveaux participants. Également, ce programme continu saisit ou imite la collectivité sociale interactive où les scientifiques évoluent eux-mêmes.
Le club Hibou hou hou! incite les élèves de la troisième à la cinquième année à renforcer les capacités d’investigation dont les scientifiques se servent dans une série d’activités. Ces activités seront conçues par un groupe d’éducateurs en sciences provenant des universités, des collèges communautaires, d’organismes scientifiques communautaires et des gouvernements. Des clubs Hibou hou hou! sont établis dans trois écoles anglophones et dans une école francophone; ils sont dirigés par deux enseignants ou plus qui sont aussi membres de l’équipe de recherche. Les enseignants aident à élaborer et à repérer des activités, des ressources et du matériel pour l’ensemble des équipes de leur club.
Le club Hibou hou hou! met l’accent sur l’apprentissage de sujets tels que la manière dont les scientifiques font des observations, la manière dont ils différencient un type d’objet d’un autre de par leurs propriétés, les types de dossiers qu’ils gardent, comment ils travaillent en équipe, et comment ils communiquent aux autres ce qu’ils ont appris dans leurs études. Pour comprendre comment les scientifiques travaillent et les compétences dont ils se servent, il nous faut étudier quelque chose que les scientifiques sont intéressés à étudier. En rotation sur trois ans, les élèves de niveau primaire étudieront des insectes, des habitats d’animaux et la chimie des animaux. Au début, les projets que nous offrons à nos élèves seront constitués d’activités brèves, destinées à explorer leurs antécédents en cernant ce qu’ils savent déjà et de quelles habiletés ils disposent déjà. Nous voulons aussi qu’ils développent des aptitudes de travail en équipe. Ces activités plus brèves conduiront à des projets plus longs qui exigeront des efforts en équipe pour recueillir de l’information et développer de nouvelles compétences.
L’équipe de recherche de Science à l’œuvre pour les élèves de la sixième à la huitième année est conçue pour permettre aux élèves de travailler avec Science Est, le Centre des sciences de la mer Huntsman et avec de nombreux scientifiques. L’école East School dispose d’un kilomètre de terrains à proximité qu’elle peut étudier en tant que Zone de recherche-action écologique (ZRAÉ).
L’étude des sciences s’appuiera sur les habiletés qui sont nées au club Hibou hou hou! En rotation sur trois ans, les élèves apprendront comment les scientifiques répertorient et étudient des parcelles de terrain, et comment ils dressent l’inventaire de leurs ZRAÉ. Ils dresseront l’inventaire des plantes, des sols, de l’eau et de la qualité de l’air ambiant. Chacun des groupes recueillera des données et de l’information au sujet de sa ZRAÉ, et les analysera. À la fin de l’année, les étudiants du secondaire 1er cycle de chacun des clubs se réuniront dans le cadre du Sommet ÉcoAction pour mettre en commun ce qu’ils ont appris.
Ce projet aboutira à un modèle fondé sur la recherche de contextes efficaces et informels d’apprentissage pour les élèves de la troisième à la 8e année, contextes qui viendront compléter les programmes scolaires de science et de mathématiques. La recherche permettra de mieux comprendre les facteurs qui freinent l’intérêt pour la science, les attitudes positives et la réussite. Il y aura des interactions avec des scientifiques et des experts de la communauté, des entreprises, des collèges et des universités, tant pour les enseignants que pour les apprenants. L’ensemble des recherches qui émergeront de ce projet sera diffusé par le biais de congrès, d’exposés et de publications telles que les bulletins, le site Web du projet, des articles de recherche et des rapports.
Publications
Sullenger, K. S. (2006). Beyond school walls: Informal education and the culture of science. Education Canada, 46(3), 15-18. Invited.
Sullenger, K. (2005). Fostering higher levels of scientific literacy: confronting potential barriers to science literacy. Morning Watch, 33(1-2), 7. (Invited.) http://www.mun.ca/educ/faculty/mwatch/historic.htm).
Actes de colloque
Sullenger, K.S. & Freiman, V. (2008). Choosing to study Mathematics and Science beyond the classroom: Who participates and why? Science Teaching and Learning SIG of the American Educational Research Association, New York City.
Sullenger, K. S., Edwards, M., Lom, E., Peck, D. and Marmen,D. (2007). Science in Action: What it means to participate in a collaboration. A symposium presented at the Conference of Atlantic Educators, Charlottetown, PEI.
Sullenger, K.S. (2007) Informal education: Engaging elementary and middle students in conversations about doing science (Symposium). Science Teaching and Learning SIG of the American Educational Research Association, Chicago.
Articles individuels présentés :
Sullenger, K.S. (2007) Elementary and Middle school students’ engaged in science: The potential of informal education. (Symposium). National Association for Research in Science Teaching, New Orleans.
Articles individuels :
Sullenger, K. S., Heatherington, J., Gowen S., Pacey J., & Brown, J. (2007). Science-in-Action: Informal Learning to Enhance Science Understandings and Attitudes. Presented at the National Science Teachers Association annual meeting in St. Louis, Missouri.
Sullenger, K. S., Edwards, M., Morrison, P., Peck, D. and Cashion, M. (2006). Science in Action: An after school program to engage students in science. A symposium presented at the Conference of Atlantic Educators, Fredericton, New Brunswick.